L’arbre totem : l’olivier

L’arbre totem de la Méditerranée : l’olivier

 

J’avais écrit dans un précédent article un certain agacement sur la « béatification » branchée que le monde portait à l’olivier. Il n’est pas le seul à occuper cet espace du monde, il partage les rives méditerranéennes avec tellement de végétaux nobles, simples, odorants, rabougris mais tous marquent les spécificités pédo-climatiques méditerranéennes et ont un rôle primordial dans cet environnement particulier et unique au monde.

Mais revenons à l’olivier, les noyaux d’olives découverts dans l’actuelle Palestine attestent que des premiers hommes sédentaires consommaient ces fruits voilà plus de 10 000 ans. Fruits qu’ils consommaient en hiver faute de fruits plus sucrés et plus simples à manger comme les mûres, fraises et autres petits fruits bien plus sucrés et plus digestes. Un peu plus tard, ces mêmes sédentaires ont commencé à tailler les arbres et à sélectionner des oliviers qui produisaient des fruits plus gros (pas encore pour faire de l’huile) dont les noyaux ont été découverts en Italie et en Espagne. Les premières jarres à huile, elles, ont été trouvées à Jéricho et auraient pas loin de 8 000 ans.

Mais voilà, l’olivier a vite pris une place de choix dans l’imaginaire culturel et surtout dans l’histoire de toutes les religions monothéistes ainsi que dans la mythologie grecque et romaine. Pour ne reprendre que la Bible : « Noé attendit encore sept jours et lâcha de nouveau la colombe hors de l’arche. La colombe fut de retour le soir et voici qu’elle avait dans le bec un rameau tout frais d’olivier » (Genèse 8.11). Depuis, l’arbre et son huile véhiculent des images très positives sur la santé, sur les rites religieux, sur les paysages, sur le symbole de la paix ….

Revenons à son histoire, les Phéniciens ont disséminé l’olivier partout où ces peuples de la mer ont débarqué. Plus tard, les Romains l’ont cultivé et amélioré.

Aujourd’hui, ce sont des « océans » d’oliveraies qui poussent en Andalousie, en Tunisie et de plus en plus en Algérie. En France, tous les pavillons du midi ont leurs quelques oliviers et certains territoires se bagarrent pour maintenir des vergers où poussent des variétés très spécifiques pour une huile de très grande qualité mais très chère. Produit sur lequel beaucoup ont imaginé bâtir des stratégies de développement économique des pays méditerranéens.

Il reste et restera encore quelques années, un symbole fort de la Méditerranée pourtant sa migration vers le nord et l’ouest est perceptible en France, signe de changements climatiques évidents.

Au delà de la symbolique, l’olive et son huile, c’est surtout pour nous tous des valeurs sûres de la gastronomie : je ne peux imaginer les tomates d’été, les fromages de chèvres et de brebis secs, les pâtes fraîches, la salade de roquettes, sans un filet d’huile qui ne reste qu’un jus de fruit plein de saveur.

 

XPB

 

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