L’audace fait défaut

Pline l'ancien

Pline l’ancien

 Les élections municipales en France des 23 et 30 mars 2014 m’ont inspiré ces quelques lignes. Ecoutons la sagesse et soyons audacieux.

 

Partout sur les rives de la Méditerranée française s’étendent les idées de l’extrême droite. Le constat est amer et je ne veux pas refaire l’histoire mais le temps est aux questions et à l’interrogation sur les politiques conduites ces trente dernières années sur nos territoires.

Les résultats sont là et même les meilleurs d’entre les élus locaux n’ont pas su enrailler la montée des idées frontistes. Ne cherchons pas la responsabilité aux politiques nationales, à la mondialisation qui a balayé tous nos repères, à la crise économique et financière qui sévit depuis plus de 6 années avec une violence sans précédent …. Car je pense que la responsabilité au niveau local est tout aussi importante. Un maire, un président d’agglomération ou un conseiller général et régional peut encore faire des choses, plein de choses pour nos territoires. Hors, ce que l’on constate, c’est un lasser aller, les habitudes de systèmes et surtout un manque d’audace et d’originalité terrible, preuve de la fin d’un cycle, d’une usure et d’un vieillissement de l’esprit.

J’aime le mot « audace », « la fortune sourit aux audacieux » disait Pline l’ancien en descendant de la barque qui le conduisait sur les rives du Vésuve. Parce qu’il était curieux et plein d’audace, il en est mort c’est vrai mais sûrement avec des réponses à ses questions. Sans arriver à cet extrême, nos édiles devraient avoir cette phrase dans leur tête. Mais leur tête est remplie par d’autres considérations : par des équilibres politiciens, le maintien de systèmes qui les feront réélire, par des indemnités généreuses pour certains. Et aussi, parce qu’ils n’ont jamais fait rien d’autres et que sans un mandat d’élu ils ne sont rien sur le plan professionnel et social. Leur ego démesuré ne leur fait pas non plus prendre conscience que la formation et l’ouverture au monde sont nécessaires aujourd’hui pour gérer ces collectivités et leur donner le souffle nécessaire pour s’adapter au mouvement rapide de la vie de notre planète.

L’audace, c’est aussi oser, tenter de nouvelles choses, être à l’écoute des idées originales que des milliers de jeunes plus enclins à cette ouverture portent. Rien de tout cela, hormis quelques exceptions qu’il faut saluer. Tout se ressemble ici : une urbanisation déstructurée, des centres villes qui se meurent et dans les régions méditerranéennes on sait la force que revêt le bien vivre ensemble dans les cœurs de villes et des villages, des entreprises qui ferment, d’autres qui ont du mal à venir s’installer pour différentes raisons. Bref, les élus se sont endormis au soleil et on les comprend : c’est tellement agréable.

Bientôt les idées du front national vont germer dans les conseils municipaux. Le protectionnisme, le repli, la préférence communale dans l’attribution des marchés ou des logements, l’arrêt des subventions aux associations de quartier qui oeuvrent tous les jours pour le maintien d’un équilibre fragile, et j’en passe tous. Tous ces thèmes deviendront « normaux » dans les débats. Les lois de la République vont nous protéger encore quelques temps de ces dérives malsaines mais qui sait si ce cheminement ne les amènera pas aux manettes de l’Etat et là, les lois changeront.

La situation n’est pas désespérée, il faut que les responsables qui seront élus mesurent concrètement cette situation et ne s’endorment pas pendant six ans car le réveil sera de plus en plus difficile. Le chantier est considérable mais passionnant et les leviers locaux existent pour sortir nos territoires de cette situation.

La fortune sourira aux audacieux.

 

XPB

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