L’agriculture au secours de la crise grecque

Agriculture grecque (Larousse.fr)

Agriculture grecque (Larousse.fr)

 

L’énorme crise que traverse la Grèce a fait revenir de manière voulue ou pas des milliers de grecs à l’agriculture. Valeurs sûres ? Refuges ? L’expérience de ces crises nous montre combien l’agriculture et l’autonomie alimentaire comptent dans un pays.

Les politiques d’accompagnement du gouvernement sont sans doute sans précédent. 20 000 grecs auraient bénéficié de ce programme financé à hauteur de 50 % par l’UE, 30 % par les banques (avec des taux à 3,7 %) et 20 % par les porteurs de projet garantis par l’Etat dans l’hypothèse où le candidat à cette reconversion ne pouvait avancer cet autofinancement.

Le patrimoine foncier agricole de l’Etat a permis à de nouveaux agriculteurs qui ne disposaient d’aucune terre de démarrer dans cette activité (2,5 ha) à condition qu’ils présentent toutes les qualifications requises dans l’agriculture. D’ailleurs beaucoup de scientifiques ont choisi ce programme car des synergies sont en train de naître avec des laboratoires de recherche et des industries agroalimentaires.

Le tourisme rural reste aussi une activité en pleine expansion et vient compléter les petites exploitations grecques, en particulier les insulaires.

Drôle de pari pourrait-on penser ? L’agriculture méditerranéenne s’est souvent contentée de fournir des huiles, des olives, des vins capiteux et des fruits savoureux. Loin des modèles productifs exportables de céréales, de lait et de viande. La misère est peut-être aussi plus facile à supporter dans les magnifiques paysages grecs où le troc reste encore important, où les besoins sont évidemment moins importants qu’en ville.

Mais, j’y vois des volets très positifs dans cette décision de l’Etat grec. Une autre manière de vivre se dessine sans rétrograder pour autant et sans tomber dans les vagues hippies des années 60 en France. Les routes sont bonnes, les accès à Internet aussi, les services médicaux et scolaires sont présents partout en Europe et les produits et services agricoles vont s’adapter à la demande de la société moderne. Une chose est certaine, rien de tout ça n’est délocalisable, au contraire ce sont des produits d’appels fantastiques qui attireront de nouveaux cerveaux, de nouveaux touristes.

Et si l’ensemble du bassin méditerranéen faisait la même chose ?

 

XPB

Publicités