Gitans !

Les roms sont sous le feu de l’actualité en France. Expulsions, installations non désirées sur des terrains de sport, vols en tout genre, mendicité …. Bien des maux accompagnent ce peuple contraint depuis le 11ème siècle à errer depuis l’Inde du nord vers l’ouest ou vers le sud. Les origines de cet exode sont multiples. Elles s’appuient pour beaucoup sur des mythes et légendes. La tradition orale n’a laissé aucune trace de cette histoire.

Gitans

Gitans

Dans le sud de la France, on les appelle gitans. Ils proviendraient de la péninsule ibérique. En Espagne, ces gitans (appelés ainsi en référence à l’Egypte, le pays d’où ils seraient arrivés) seraient présents depuis le 15ème siècle. En Camargue, leur musique, la rumba flamenca et le flamenco, leur art de vivre et la tauromachie leur ont donné une image plutôt positive liée à la fête et aux ferias. Même si la cohabitation est parfois complexe et difficile. Leurs campements sont de plus en plus sédentaires et nombreuses familles ont fait le choix de s’installer définitivement dans des quartiers à Nîmes (La Placette), à Montpellier (Les Marelles) ou encore à Perpignan (Saint Jacques). Ces populations n’ont rien à voir avec les immenses regroupements dits « évangélistes » en déplacement sur l’ensemble du territoire français ou encore ces populations appelées par facilité « roms » qui font la une de l’actualité, toutes issues des pays de l’Est en particulier de la Roumanie et de la Bulgarie.

Pour revenir à la Méditerranée, il me semblait intéressant de regarder ce qu’il se passe de l’autre côté des Pyrénées. Les gitans espagnols sont souvent associés à de grands noms de la tauromachie : Javier Conde, Rafael de Paula ou les plus anciens comme Joselito ou El Gallo qui ont écrit les plus belles pages de la corrida. Qu’on aime ou pas la corrida, ces grands toreros ont su imprimer un style unique que tous les amateurs savent apprécier. Et bien sûr, le flamenco, les plus grands guitaristes et danseurs sont tous issus des familles pauvres gitanes.

L’Espagne est souvent citée comme un exemple en Europe comme modèle de volonté d’intégration des populations gitanes. Ils seraient environ 750 000 dans ce pays, la moitié de cette population aurait moins de 25 ans. Population jeune qui a su tirer parti de l’expansion économique espagnole des années 80 et 90 et de ses politiques de redistribution en particulier dans l’éducation. Dans les années 80, pratiquement aucun enfant gitan n’était scolarisé, aujourd’hui ils le sont tous même si à l’adolescence, une grande majorité décroche. Mais les exemples de réussites dans les études supérieures se multiplient. Même si les plus anciens des gitans avaient peur de ce calage sur la société espagnole, c’est un mouvement – au contraire – de défense de cette culture qui se dessine dans cette élite bien formée. Evidemment, de grands problèmes sont encore présents puisque seuls 36 % des gitans disposent d’un emploi salarié en Espagne. Alors exemple à suivre ? Probablement, mais rappelons que leur présence est ancienne de plusieurs siècles sur les terres ibères et que leur culture a largement influencé l’Espagne entière. Ce modèle est intéressant à suivre à condition que le respect mutuel des coutumes, des langues, des traditions soient respectées comme durant certaines périodes de l’histoire de l’Espagne. L’existence pacifiée côte à côte de peuples diversifiés est sûrement la plus belle preuve de ce que doit être l’Europe d’aujourd’hui et de demain.

Dans certains de mes articles, la question des migrations humaines m’a interpellé. Pourquoi, des peuples sont amenés à se déplacer comme une quête perpétuelle à la recherche d’une terre promise qui n’existera jamais. Comme un besoin vital inscrit dans nos gènes primitifs et qui nous renvoient aux premiers humains qui quittèrent le berceau africain pour conquérir le monde ou encore dans cette dualité entre les nomades éleveurs et les sédentaires agriculteurs. Les roms  sont aujourd’hui le témoignage de l’incroyable adaptation de l’homme à de nouvelles contrées et à de nouveaux défis. Les reconnaître comme tel sans chercher coûte que coûte à les sédentariser comme dans des jardins d’acclimatation du 19ème siècle serait sans doute la meilleure des actions que les Etats européens (Turquie comprise) pourraient envisager.

XPB

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