11,4 % des guatémaltèques vivent aux USA !

 

Le pays compte 14.4 millions d’habitants près de 2 millions vivent aux USA. Proportionnellement, c’est l’un des pays d’Amérique Latine qui fournit le plus d’émigrants au grand voisin du nord. Tous les ans, 44 000 tentent de traverser le Mexique pour franchir la frontière avec les USA. Seule une petite moitié réussit ce passage. Ces immigrés sont pratiquement tous dans l’illégalité à cause de l’absence totale de mécanismes qui permettraient de travailler légalement aux Etats Unis. Ces migrants à recherche du « rêve américain » s’exposent de fait en chemin à tous les risques : insécurité, violence, disparitions, abus de tous types. De plus avant de pouvoir renvoyer des devises en dollars à leur famille, cette immigration pose un problème économique de taille pour ces familles pauvres. Les services des « coyotes » (passeurs) se monnaient jusqu’à 5 000 dollars, obligeant certaines familles guatémaltèques à hypothéquer des terres ou des maisons.

carte Guatemala

Mais pour la plupart des guatémaltèques, le départ vers les USA en « vaut la peine ». Les transferts de devises nord américaines par les migrants au Guatemala représentent encore la principale ressource économique du pays, en 2012 cette somme représentait encore près de 5 millions de dollars, soit 11 % du PIB selon la Banque du Guatemala.

Ces petits pays pauvres d’Amérique centrale n’ont pas d’autres recours que cette « fuite » vers le nord. La nouvelle loi sur l’immigration aux USA va décupler les difficultés tant financières que difficiles physiquement. Si aucune politique ambitieuse interne mais aussi provenant du nord n’appuie ces pays à leur propre développement, le flux des miséreux va encore se poursuivre et aucune barrière, aucun drone ne pourra venir à bout de ces mouvements de foules. Et pourtant, ces pays disposent encore de ressources intéressantes – rien à voir avec le Sahel – certes, les tensions internes, le poids des trafics, les séquelles de longues périodes de dictatures et de guerres civiles freinent leur développement. Le chemin sera encore long avant de voir s’amoindrir ces flux migratoires.

XPB

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