Une grande Albanie

Albanie en Europe

Avouons le, nous ne savons que peu de choses sur ce pays riverain de l’Adriatique (elle même une mer de la Méditerranée). Les images qui viennent à notre esprit se limitent pour beaucoup aux réseaux mafieux qui viennent polluer nos pays, pour les plus avertis en histoire on pense à l’incroyable Enver Hoxha et son régime stalinien qui y faisait régner la peur. On compterait plus de 700 000 bunkers dans ce petit pays, la crainte de l’envahisseur étranger atteignait son paroxysme durant la gestion de ce dictateur. L’Albanie, c’est aussi le roman d’Ismail Kadaré : Avril brisé. On y découvre ces traditions d’un autre âge : le héros « hérite » d’une vendetta vieille de 40 ans, il doit tuer un homme et à son tour attendre qu’on vienne le tuer. Il va se réfugier dans un lieu insolite au fin fond des montagnes albanaises. L’auteur nous décrit un pays dur et un environnement moyenâgeux. Toujours aujourd’hui, l’Albanie est inconnue à nos yeux et pourtant nous ne sommes qu’à 3h de vol de Paris.

On parlera beaucoup des communautés albanaises pendant le conflit des années 90 qui ont ensanglanté les Balkans et encore récemment lorsque le Kosovo a obtenu son indépendance mais tout ça paraît tellement compliqué.

Depuis quelques années, les peuples de langue albanaise dans cette région du monde se prennent à rêver d’une « grande » Albanie qui regrouperait toute cette population au sein d’une même Albanie mais les choses sont complexes et revenir sur les limites frontalières plus ou moins stabilisées serait aux yeux des voisins européens très dangereux et la porte ouverte à de nouveaux conflits ethniques et territoriaux.

La moitié des albanais vit en Albanie (environ 3 millions) l’autre moitié est disséminée en Serbie, au Monténégro, en Macédoine, en Grèce et surtout au Kosovo où la quasi totalité de la population est albanaise et revendique un rattachement aux autorités de Tirana. Mais l’histoire complexe de ce peuple et de son territoire a donné naissance  un imbroglio dans les régions frontalières où des populations d’origine différentes se côtoient à quelques mètres depuis des siècles, parfois avec tolérance, parfois par obligation et les gens s’ignorent.

"Grande" Albanie

« Grande » Albanie

Depuis quelques temps, un mouvement politique puissant, l’AK est en train de convaincre une majorité d’albanais au retour à la Grande Albanie. Les élections de juin 2013 vont donner une nouvelle impulsion à cette démarche. Espérons juste que tout cela se déroulera dans un climat apaisé dans le pays d’Europe le plus pauvre du continent. L’Europe, parlons-en. Vu de l’extérieur de notre continent, comment un observateur objectif pourrait comprendre la volonté d’indépendance des Flamands, des Ecossais ou des Catalans et de l’autre côté de la Méditerranée, l’intégration du Kosovo qui a gagné durement son indépendance dans une Albanie fragile ? Le plus averti des européens ne pourrait donner une explication à cette équation compliquée où un maximum de diversité doit cohabiter dans un minimum d’espace. C’est aussi ça l’Europe.

XP

Publicités