Du blé en Egypte

blé dur

J’avais évoqué dans un le premier article (pain, liberté et dignité), la difficile course que s’impose l’Egypte pour son autosuffisance en blé. Rappelons que ce pays en est le premier importateur mondial et ses besoins sont de l’ordre de 15 millions de tonnes de blé par an pour subvenir aux besoins de la population. En 2013, les prévisions sont à la hausse. Les conditions climatiques étaient certes au rendez-vous et cette augmentation de rendement s’inscrit dans un contexte international plutôt favorable pour le blé qui ne devrait pas subir de hausses spectaculaires des prix. On estime la récolte mondiale autour de 700 millions de tonnes.

L’Egypte s’inscrit dans une logique d’amélioration des rendements puisque en 2011, le pays produisait 8,37 millions de tonnes, 8,69 en 2012 et en 2013, les autorités annoncent près de 9,5 millions de tonnes. Le chemin est tracé et les instituts de recherche égyptiens ont grandement contribué à cette situation grâce notamment à l’obtention de variétés plus productives et résistantes à la chaleur et à des adaptations de méthodes culturales efficaces. A tel point que certains agriculteurs annoncent des rendements à faire envie les producteurs du bassin parisien : 10 tonnes/ha (100 quintaux/ha) !

On comprend les enjeux autour de l’eau dans ce pari sur l’autosuffisance alimentaire et le poids dans le budget dans les ménages les plus pauvres des prix du pain. Ce sont des enjeux fondamentaux pour la stabilité sociale du pays très fragile depuis sa révolution.

On comprend aussi, les annonces télévisées de risque de conflits armés faites par le Président Morsi à l’encontre de l’Ethiopie sur le projet gigantesque de barrage sur le Nil en amont du pays des pharaons. Il s’agit là, sans doute, du premier grand risque de conflit armé à cause de la ressource en eau.

En tout cas, cette réussite agronomique dans un pays aride est à saluer et l’exemple fourni sera riche d’enseignements pour l’ensemble de cette région du monde.

XP

Publicités