Un presque méditerranéen : le coing

coings

Tout au long de ce blog, je vais parler des végétaux qui accompagnent les méditerranéens depuis la nuit des temps. Certains sont tellement ancrés chez nous qu’on en oublie leurs origines lointaines outre Atlantique ou encore dans le Proche-Orient là où les premiers hommes sont devenus sédentaires voilà plus de 10 000 ans.

Le coing a souvent émaillé les quelques haies et bordures des champs de mon enfance dans le midi de la France. Ce gros fruit immangeable sur l’arbre revient dans le giron des agriculteurs adeptes de l’écologie pour ces vertus intéressantes au niveau agronomique.

Il aurait été cultivé voilà 4 000 ans au Proche-Orient puis introduit en Grèce 7 ou 800 ans avant JC pour coloniser tout le bassin méditerranéen. On le surnomme Poire de Cydonie en référence à l’ancienne cité crétoise ce qui lui a valu d’être baptisé par les botanistes Cydonia oblonga.

Ni pomme ni poire, on suppose que les « pommes d’or » du jardin des Hespérides dérobées par Hercule n’étaient autre que des coings. Toujours dans l’antiquité, la fameuse pomme de discorde que Pâris offrit à Aphrodite pour la désigner la plus belle déesse de l’Olympe était aussi un coing. Cette offrande devait apporter l’amour d’Hélène à Pâris ce qui déclencha la guerre de Troie.

pâte de coing

Aujourd’hui, la préparation du fruit est tombée en désuétude pourtant la pâte de coing est – pour beaucoup d’entre nous – notre madeleine de Proust. Il est cultivé essentiellement en Turquie, Maroc et plus loin en Chine et on trouve des vergers en Amérique du sud.

En revenant dans les haies d’agriculteurs responsables de leur environnement, nous allons revoir sans doute ce gros fruit duveteux dans nos campagnes. J’espère que nous réapprendrons à le cuisiner, à le réintroduire dans les confitures pour rehausser les parfums car ce fruit est pauvre sur le plan calorique, riche en vertus médicinales et surtout plein de magie et de souvenirs.

XP

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