Klimonas

L ‘année dernière, le CNRS annonçait la découverte de Klimonas sur l’île de Chypre du plus ancien village agricole des îles méditerranéennes.

Quand l’histoire nous rappelle des fondamentaux.

Fouille de Klimonas

Fouille de Klimonas

Ce village aurait été créé 9 000 ans avant JC, les experts nous disent que ce peuple aurait navigué depuis le Proche-Orient où vivaient déjà des populations sédentaires apportant avec eux les premières semences de blé mais aussi des compagnons domestiques comme le chat et le chien.

Chypre est une île qui offre une très grande diversité de paysages et de terroirs. Même si l’eau se fait cruellement rare en ce moment comme dans toutes les îles méditerranéennes, à l’époque elle était abondante et permettait de cultiver des céréales d’hiver dans de bonnes conditions. Au cours des âges, Chypre a su développer des modèles agronomiques très diversifiés et parfaitement adaptés au climat et à la topographie de l’île. Productions qui lui permettaient de garantir une alimentation de qualité, des possibilités d’exportation et donc de devises mais également de maintenir une population active importante dans ce domaine.

Entre temps, l’île s’est scindée en deux. On s’est longtemps ému du mur de Berlin mais on entend peu de mobilisation sur le mur de Nicosie tout aussi aberrant au 21ème siècle. Passons là dessus.  Tout aussi aberrant, Chypre s’est laissée embarquer dans une folie désastreuse que toute la presse commente aujourd’hui au sujet de l’hypertrophie bancaire et des conséquences dramatiques pour tout un peuple. Encore un peuple de la Méditerranée qui fait les frais de l’absurdité d’un système et de la médiocrité des élites.

Quel lien avec Klimonas ? Tassos, un collègue agronome chypriote me dit régulièrement qu’il est effaré par l’abandon des terres agricoles au détriment d’une folie dévastatrice du béton et surtout parce qu’il était tellement plus facile de placer ses économies dans un système pourri bancaire mais qui rapportait encore voilà quelques mois plutôt que dans la production et en particulier dans la production agricole locale.

Si les premiers agriculteurs ont embarqué vers Chypre pour s’y installer définitivement, loin du Proche-Orient, c’est parce qu’ils avaient vu des potentiels de développement intéressants et qu’ils ont cru dans leur avenir dans ce pays. Aujourd’hui, encore une fois, les bases fondamentales qui rendent les peuples souverains, autonomes et forts sont bafouées par les sirènes de la finance. Certes, il ne faut pas revenir à des modèles vieillots basés sur une économie rurale pauvre, personne n’en veut et c’est normal. Par contre, miser sur la diversité économique, sur la protection et la gestion des ressources naturelles, sur la recherche locale, sur de nouveaux modèles économiques non délocalisables est une mesure de sagesse et surtout de bon sens qui nous éviterait sans doute de traverser des périodes lourdes de conséquences pour les générations à venir.

XP

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