Alimentation et changement climatique. Si les céréales venaient à manquer ….

On pourrait encore épiloguer sur la réalité des modifications climatiques. Pourtant si on ne s’en tient qu’aux seuls faits : Sandy, Katrina, des noms qui claquent aux oreilles nord américaines pour nous rappeler que les désordres climatiques sont régulièrement présents. Chez nous, on pourrait citer, sans les appeler par des petits noms affectueux, les inondations catastrophiques qui ont plongé le sud de la France dans le chaos ces quinze dernières années et ce, de manière assez régulière. Uniquement des faits, pas d’études, pas de modélisations pour que tous les habitants comprennent. Les climato-sceptiques nous diront que tout cela est passager et qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Peut-être et j’espère au fonds de moi qu’ils ont raison.

Riz

Riz

Si ce dérèglement se confirme, l’alimentation des humains sera au cœur des préoccupations majeures. L’augmentation des températures va impacter très directement la base de l’alimentation de tous les êtres humains à savoir les céréales et en particulier le trio de base : blé, maïs et riz. Le blé particulièrement est la céréale la plus vulnérable aux températures élevées et malheureusement elle est la plus consommée au monde. Le pain, les gâteaux, les pâtes sous toutes ses formes …. Toute cette alimentation est issue des blés durs et blés tendres. Cette céréale sélectionnée depuis la nuit des temps avait un avantage énorme dans les pays tempérés de la planète et il est sans doute à l’origine de la formidable expansion économique de ces pays car il pousse sans eau pendant la période hivernale et sa graine peut se stocker sans trop de problèmes. Mais voilà, il a besoin de froid pour germer ….

Dans le bassin méditerranéen où le blé dur a été domestiqué voilà  12 000 ans, la montée en puissance des vagues de chaleur et de sécheresse va diminuer les rendements de 5 à 25 % !

D’une manière globale, on pourrait penser que la production de blé pourrait « migrer » vers le nord ou vers le sud austral pour bénéficier de températures plus adaptées à son cycle végétatif. C’est loin d’être aussi simple. Le transfert de la souveraineté alimentaire est toujours difficile à mettre en œuvre et puis le mouvement des agriculteurs, de leurs machines ou encore de leurs bâtiments d’exploitation est très complexe dans un même Etat, alors l’imaginer dans un pays tiers …

Blé dur

Blé dur

Vers la disparition des pâtes ?

Ces à-coups climatiques vont nous laisser la possibilité encore de produire du blé pendant longtemps mais à quel prix ? Les pâtes deviendront-elles si chères qu’elles ne seront accessibles qu’aux plus fortunés ? Si on peut accepter cette situation pour certains aliments et je pense en particulier à certains poissons qualifiés de plat du pauvre voilà une cinquante d’années (morue par exemple) ils sont aujourd’hui seulement réservés à certaines personnes, on ne peut accepter ce phénomène pour les pâtes, c’est mathématiquement impossible au regard des bouches à nourrir sur notre planète.

Plat de pâtes

Plat de pâtes

Sauvons le blé !

Sur le long terme, la lutte contre le changement climatique doit rester la ligne directrice même si l’expansion de l’exploitation des gaz et huiles de schiste n’augure rien de positif dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Dans le court et moyen terme, la recherche agronomique devra relever le défi de la création de variétés résistantes à la chaleur et aux sécheresses.

Toujours dans l’immédiateté, il faut sans doute à apprendre à utiliser des espèces plus adaptées à ces changements. Les bons vieux « jardins d’acclimatation » comme on les appelait jadis vont redevenir d’actualité pour tester des espèces anodines et banales qui parfois sont à la base de l’alimentation de millions de personnes en Afrique, en Asie et en Amérique du sud. Cette adaptation passe évidemment par les tests agronomiques mais aussi par de nouvelles habitudes alimentaires dans les pays occidentaux.

 Le pain et les pâtes sont devenus tellement évidents sur nos tables qu’on a fini par oublier leur fragilité. N’oublions pas que la nature peut rapidement nous rappeler que nous sommes comme tous des êtres vivants très fragiles et dépendants les uns des autres.

XP

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