Du soleil pour …. le froid

L’alimentation dans le monde ne se résume pas qu’aux questions de rendements agricoles, de qualité des produits, de traçabilité voire même de saveurs ou de terroirs. On oublie un thème fondamental dans les problèmes d’alimentation mondiale : l’énergie.

Il faut dire que l’agriculture occidentale est devenue en quelques décennies totalement « pétrolo-dépendante ». De la peinture du tracteur en passant par les fibres de textiles de la salopette de l’agriculteur, les huiles et carburants des machines et évidemment tous les intrants chimiques, tous ont côtoyé à un moment ou à un autre le pétrole et sa chimie. Une addiction telle que le passage à d’autres formes énergétiques devient un véritable casse tête.

Et pourtant, on peut affirmer sans ambages que le problème de l’alimentation de 7 milliards d’individus sur terre et demain de 9 milliards (peut-être même 12) se résoudra si on traite parallèlement aux défis agronomiques et biologiques la question de la production énergétique.

Depuis peu, les pays occidentaux constatent avec effarement – dans un contexte de crise – l’incroyable gaspillage alimentaire dans les filières agroalimentaires, dans les réseaux de distribution, dans la restauration et même dans les foyers. Ailleurs dans le monde, le gaspillage ne se fait pas dans les poubelles parce que les délais de consommation sont dépassés. En Inde, en Afrique, en Amérique du Sud, la chaleur et les prélèvements opérés par les rongeurs et autres parasites amputent déjà très sérieusement une production agricole qui a du mal à cheminer à travers ces pays sur des routes défoncées où la question des transports de ces marchandises devient compliquée. On le voit bien, la question de l’énergie est centrale dans les problèmes évoqués. Energie pour produire du froid, pour ventiler et stocker du grain, pour transporter les marchandises, pour travailler les sols, pour semer, pour récolter, etc.

pompe solaire

pompe solaire

Oui, si on ne règle pas cette question, il est illusoire vouloir alimenter autant d’humains.

D’ailleurs le problème est exactement le même pour l’eau potable. Aux tenants des thèses que l’eau est rare sur Terre et qu’il faut l’économiser, j’ai envie de répondre que si on avait assez d’énergie pour dessaler, transporter et stocker de l’eau, il n’existerait aucun problème d’approvisionnement dans le monde. Allez, je concède volontiers qu’il faut économiser ce bien précieux mais qu’on arrête de nous bassiner qu’il n’y a pas assez d’eau douce pour les habitants de la Terre.

 

 

Les énergies renouvelables doivent apporter des réponses concrètes à cette question. Mais jusqu’à présent on voit fleurir des panneaux photovoltaïques et des éoliennes pour alimenter les grands réseaux de distribution d’électricité très rarement dans le domaine des applicatifs pour faire tourner des postes de froid, des pompes, pour alimenter des batteries, et on ne perçoit pas encore toutes les applications que l’électricité produite à partir de ces ressources pourraient amener dans ces domaines.

Certes, ces installations sont coûteuses et parfois présentent une production énergétique insuffisante et difficile à stocker (coût des batteries). La recherche doit se poursuivre et leur développement doit être accompagné.

Les grands programmes nationaux et internationaux pour le développement agricole devront envisager des financements importants tant au niveau de la recherche que dans les investissements dans les zones rurales peu équipées et qui pourtant ont un rôle fondamental dans le maintien des populations paysannes et dans la production de biens alimentaires.

rats

A l’approvisionnement énergétique de l’agriculture, je ne peux passer sous silence la nécessité de mettre en œuvre des plans d’actions efficaces et écologiques contre les principaux ravageurs responsables de la disparition de milliers de tonnes de céréales. En priorité, certains rongeurs qui rentrent clairement en compétition sur la production de grain avec les populations locales.

 

XP

Publicités