Un drôle de calcul

La rigueur et l’austérité imposées aux pays d’Europe du sud devraient selon les tenants de ces exigences permettre de regagner la compétitivité. En faisant reculer le coût du travail, l’espoir est de faire rebondir les exportations. Souvent l’Argentine est prise en exemple. Après la faillite de ce pays en 2002, son PIB est reparti à la hausse dopé par une matière première que les pays de l’Europe méditerranéenne n’ont pas : les denrées agricoles lourdes comme le soja, le blé ou le maïs. Les pays « malades » de notre continent n’ont pas cette « chance ». Certes, la balance commerciale redevient positive mais simplement parce que la demande intérieure s’est effondrée.

EurosOn estime que ces efforts de rigueur s’élèvent à 125 milliards d’€ en Espagne pour l’année 2011, 260 pour l’Italie et 50 pour la Grèce. Cette austérité est en train de devenir contre productive, même le FMI reconnaît cette erreur. Alors évidemment, on ne va pas revenir sur les excès constatés partout dans ces pays et en particulier des administrations locales pléthoriques, des investissements quasi inutiles comme ces aéroports au milieu de nulle part. On sait tous ça, la presse, les populations le reconnaissent mais à force de serrer la ceinture de ces peuples, la jeunesse formée s’en va et comme les générations précédentes des années 50 et 60, il y a peu chance de les voir revenir si cette crise persiste. Déjà, en 2012, l’Espagne a vu partir près de 150 000 personnes. Laissant leur racine dans un magma chaotique où seuls les vieux resteront et subiront la grande braderie de leur patrimoine aux plus offrants des investisseurs étrangers peu scrupuleux.

Qu’on ne se méprenne, le brassage des capitaux est important pour toutes les économies du monde mais lorsque ces soldes risquent d’affecter pour toujours la richesse des peuples qui composent la mosaïque européenne, il faut q’inquiéter.

Alors que faire ? A quand une grande opération de monétarisation de la dette des Etats portée par l’absente BCE ? A quand un peu de lest de la part d’Angela Merkel ? Les principaux clients de cette Allemagne citée en exemple à tout va, vont mal, très mal. J’entends déjà, les grands spécialistes de la finance (qui eux ne connaissent pas la crise et le pôle emploi) me dire que ce sont de mauvaises idées : surinflation et je ne sais encore quel autre marasme nous attendrait. Je ne suis pas spécialiste de la chose. Comme des millions d’européens, j’attends des gestes de bon sens et pas seulement des constats et des leçons d’économie.

forêt calcinée

 Du haut des garrigues qui bordent ma résidence méridionale, je crains que les efforts pour l’environnement soient anéantis si la crise persiste. Déjà la restauration des forêts calcinées en Espagne et au Portugal ne pourra se faire faute de moyens. La nature sera avec les plus pauvres, la première à souffrir de ces situations dramatiques.

Restons positifs, nous n’avons pas le choix, ici et là, je vois des adaptations, des innovations, de l’intelligence s’organiser. Le monde méditerranéen, est sûrement la plus ancienne des civilisations du monde. Et nous avons vu de nombreuses crises, de nombreux conflits émaillés notre histoire mais aussi des périodes incroyablement fastes et créatives qui ont fait resplendir nos sociétés.

XP

Publicités